Aller au contenu
Constance de Lussac
Guide pour les parents

Mon ado refuse de voir un psy : comprendre son refus et l’aider à franchir le pas

Ne le forcez pas d’emblée : cherchez ce que cache son « non », proposez-lui un seul essai dont il choisit les conditions, et si le refus tient, commencez par consulter vous-même. Seule exception : en cas de danger, vous n’attendez pas son accord.

Constance de Lussac

Par Constance de Lussac, psycho-praticienne et ancienne enseignante au lycée

Publié le · mis à jour le · 9 min de lecture

En bref : ce qu’il faut retenir

  • Le refus est rarement définitif. Il exprime souvent une peur : être jugé, être « le fou de la famille », voir ses confidences répétées.
  • Parlez de votre inquiétude, pas de son problème. « Je m’inquiète pour toi » passe mieux que « tu as besoin d’aide ».
  • Proposez un seul essai, en lui laissant choisir ce qui peut l’être : venir seul ou avec vous, au cabinet ou en visio.
  • S’il refuse toujours, consultez vous-même ou proposez une thérapie familiale : il n’est plus le seul désigné.
  • En cas d’idées suicidaires, de mise en danger ou de repli total, n’attendez pas son accord : appelez le 3114 ou le 15, ou voyez votre médecin traitant.
Test en 4 questions

Quelle première étape pour votre ado ? Obtenez un plan adapté à sa réponse

Répondez selon ce que vous observez. Vous obtenez une phrase à lui dire, la façon de proposer la séance et les points de vigilance. Rien n’est enregistré, et ce test ne remplace pas l’avis d’un professionnel.

1. Que répond-il quand vous évoquez un psy ?
2. Comment est le dialogue entre vous en ce moment ?
3. Quel âge a-t-il ?
4. Avez-vous remarqué des idées noires, des propos sur la mort, des blessures volontaires ou un repli total (plus de cours, plus d’amis) ?

Répondez aux 4 questions pour afficher votre plan.

Décoder le refus

Derrière son « non », il y a presque toujours une peur, et chacune a sa réponse

À l’adolescence, le jeune cherche à se séparer de ses parents tout en ayant encore besoin d’eux. Une consultation proposée par vous peut donc être vécue comme une intrusion : il ne refuse pas forcément l’aide, il refuse qu’elle vienne de vous ou qu’elle le désigne comme le problème.

Ce que dit l’adolescent, ce que cela peut signifier et ce que le parent peut répondre
Ce qu’il ditCe que cela cache souventCe que vous pouvez répondre
« Je ne suis pas fou »La peur de l’étiquette, d’être celui qui « ne va pas bien » dans la famille« Personne ne pense que tu es fou. C’est un endroit pour parler à quelqu’un qui n’est ni ton parent ni ton prof. »
« Ça ne sert à rien »Le découragement, ou une mauvaise expérience passée avec un professionnel« Tu as peut-être raison. Essaie une fois, et si ça ne t’apporte rien, on n’insiste pas. »
« Je ne vais pas raconter ma vie à un inconnu »La pudeur, la peur que ses confidences vous soient répétées« Tu décides de ce que tu dis. Ce que tu racontes reste entre vous, on peut lui demander comment ça marche avant. »
« C’est vous qui avez un problème »Le sentiment d’être le seul à qui l’on demande de changer« Tu as peut-être raison en partie. Et si on y allait ensemble, pour parler de nous tous ? »
Silence, porte qui claqueUne tension trop forte pour que le sujet soit abordé maintenantRien sur le moment. Revenez-y plus tard, au calme, ou passez par un écrit : un message, un mot.
La méthode

En 5 étapes, passer du « non » à une première séance acceptée

  1. 1

    Choisissez un moment neutre, jamais au milieu d’une dispute

    Proposer un psy après un conflit, c’est en faire une sanction. Préférez un trajet en voiture, une balade, un moment où vous êtes côte à côte plutôt que face à face : beaucoup d’ados parlent plus facilement sans croiser le regard.

  2. 2

    Parlez de ce que vous ressentez, pas de ce qui ne va pas chez lui

    « Je te vois triste depuis des semaines et je ne sais plus comment t’aider » ouvre la discussion. « Tu as un problème, il faut que tu voies quelqu’un » la ferme. Décrivez des faits observés (il dort mal, il ne sort plus) plutôt qu’un diagnostic.

  3. 3

    Proposez un seul essai, pas une thérapie

    « Une séance, pour voir » est bien plus facile à accepter qu’un engagement sans fin. Chez Constance de Lussac, la durée du suivi n’est pas fixée à l’avance : elle dépend de la demande et du cheminement, et chacun reste libre de la suite. Vous pouvez le lui dire tel quel.

  4. 4

    Laissez-lui la main sur tout ce qui peut se négocier

    Venir seul ou avec vous, au cabinet ou en visio, le jour du rendez-vous, et même le choix du praticien après avoir regardé son site ensemble. Plus il décide des conditions, moins il vit la séance comme imposée.

    Sur la présence des parents, Constance de Lussac a un avis nuancé : venir ensemble au début aide souvent, car le jeune ne se sent pas le seul à devoir bouger. Mais quand la tension est trop forte entre vous, mieux vaut le laisser venir seul.

  5. 5

    Acceptez un « pas encore », et revenez-y

    Un refus aujourd’hui n’est pas un refus pour toujours. Dites-lui que la porte reste ouverte, laissez les coordonnées à portée de main, et reparlez-en quelques semaines plus tard. Pendant ce temps, rien ne vous empêche de consulter vous-même (voir plus bas).

Les 5 maladresses qui transforment un « peut-être » en « jamais »

  • Prendre rendez-vous dans son dos

    Il l’apprend la veille, se sent trahi, et la première séance commence par de la colère.

  • Brandir le psy comme une menace

    « Si tu continues, je t’envoie chez le psy » associe la consultation à une punition.

  • Annoncer le problème à sa place

    « Tu vas lui parler de tes notes et de ta copine » : il arrive avec votre ordre du jour, pas le sien.

  • Demander un compte rendu après chaque séance

    « Alors, tu lui as dit quoi ? » Il comprend que l’espace n’est pas vraiment à lui.

  • En faire le seul responsable

    Le jeune est responsable de son comportement, mais seulement co-responsable de la façon dont la famille communique. S’il sent que vous êtes prêts à bouger aussi, il accepte plus facilement de changer. C’est tout le sens de l’article « Consultations psy pour les jeunes : parents, venez avec lui ! ».

Plan B

S’il refuse toujours, vous pouvez agir sans lui, et souvent pour lui

Quand un ado ne veut pas consulter, le levier le plus sous-estimé, c’est vous. Changer votre façon de réagir modifie l’équilibre de la maison, et il arrive que le jeune demande ensuite de lui-même à être reçu.

Consulter en tant que parent

Une ou plusieurs séances pour comprendre ce qui se joue et ajuster votre attitude. C’est le format d’une psychothérapie individuelle, à 85 € la séance d’une heure.

Proposer une thérapie familiale

Tout le monde vient, personne n’est désigné comme le problème. Pour beaucoup d’ados, c’est plus acceptable. Voir la thérapie familiale à Rueil-Malmaison (séance de 2 h).

Lui donner une porte à lui

Fil Santé Jeunes (0 800 235 236, anonyme et gratuit, tous les jours de 9 h à 23 h) et les Maisons des adolescents, gratuites, où un jeune peut venir de sa propre initiative.

Si le refus tourne autour de l’école (il ne travaille plus, il parle d’arrêter), passer par l’angle scolaire est parfois plus simple : le coaching d’orientation s’adresse aussi aux ados et paraît moins « psy ». Lire aussi « Il ne fait rien en classe » : quelles solutions ?

Vigilance

Ces signes justifient d’agir sans attendre son accord

Respecter son rythme a une limite : sa sécurité. Si vous observez l’un des signes ci-dessous, la question n’est plus de le convaincre, mais de le protéger.

  • Il parle de mourir, de disparaître, d’être « un poids »
  • Vous découvrez des blessures volontaires (coupures, brûlures)
  • Il ne va plus en cours, ne voit plus personne, reste enfermé
  • Il cesse de manger ou perd du poids rapidement
  • Sa consommation d’alcool ou de cannabis devient quotidienne (lire nos repères sur le cannabis)

Dans ces situations, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h/24, qui conseille aussi l’entourage. En cas de danger immédiat, le 15.

24,2 %

des lycéens déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois (30,9 % des filles, 17,4 % des garçons).Source : Santé publique France, enquête EnCLASS 2022, publiée en avril 2024

La même enquête estime que 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression. Le mal-être adolescent n’est pas rare : en parler n’a rien d’exceptionnel.

Portrait de Constance de Lussac, psycho-praticienne à Rueil-Malmaison
À Rueil-Malmaison ou en visio

Une praticienne qui connaît les ados de l’intérieur, et qui sait leur parler

Constance de Lussac a enseigné au lycée en France et à l’international avant de devenir psycho-praticienne, coach certifiée et praticienne en hypnose. Elle accompagne les adolescents dans leur globalité, parce que vie familiale, vie scolaire et vie personnelle sont reliées.

  • Pas de prise de notes : un vrai dialogue, moins intimidant pour un ado
  • Parents reçus au début du suivi, ou ado seul si la tension est trop forte
  • Séance adolescent d’1 h à 85 €, au cabinet ou en visio (WhatsApp)
  • Créneaux du lundi au samedi, 11 rue des Marronniers

Voir les tarifs et le déroulé d’une première séance · Son parcours et ses formations

Des parents racontent comment leur ado a trouvé sa place en séance

4,9/5 sur 46 avis Google

Nous avons initié une thérapie familiale à la demande de notre fils début juillet 2024. En 5 séances, Constance a su créer un réel climat de confiance. […]
Manu · Thérapie familialeAvis Google, juillet 2024
Constance suit ma fille depuis 3 ans pour une dépression très sévère. C'est une psy très impliquée, très à l'écoute […]
Sophie B. · Suivi de sa filleAvis Google, juin 2026
Je vous recommande vivement Constance De Lussac, humaine, à l'écoute des adultes et/ou enfants, ados (en crise), nous met en confiance […]
Janine S. · Adultes, enfants et adosAvis Google, octobre 2024
Excellente pour accompagner les adolescents tant sur leurs problématiques existentielles que sur la thématique, ô combien angoissante, de l'orientation. En tant que mère, je recommande les yeux fermés !
Suzanne L. · Maman d'un adolescent, orientationAvis Google, 2019
Questions fréquentes

Les questions que se posent les parents d’un ado qui refuse

Peut-on obliger un adolescent mineur à voir un psy ?

Juridiquement, les décisions qui touchent à la santé d’un mineur relèvent de l’autorité parentale (article 371-1 du Code civil). Le même article demande aux parents d’associer l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et sa maturité. En pratique, vous pouvez l’amener à une première séance, mais un ado qui vient contraint parle peu : visez l’essai accepté plutôt que l’obligation, sauf en cas de danger.

Mon enfant a 18 ans et refuse : que puis-je faire ?

À sa majorité, consulter devient sa décision. Vous pouvez lui proposer, lui donner les contacts, lui offrir de payer les séances, mais pas l’y contraindre. Rien ne vous empêche en revanche de consulter vous-même pour savoir comment l’aider, et de rester attentif aux signes d’urgence.

Que répondre quand mon ado dit « je ne suis pas fou » ?

Évitez de débattre sur la folie. Dites plutôt que consulter, c’est parler à quelqu’un qui n’est ni un parent ni un prof, et qui n’a aucun intérêt à le juger. Comparez avec un coach sportif ou un professeur particulier : on y va pour avancer, pas parce qu’on est malade.

Le psy va-t-il me répéter ce que dit mon ado ?

Un adolescent ne parle que s’il est sûr que ses confidences ne remontent pas aux parents. Demandez au praticien, dès la prise de rendez-vous, comment il gère la confidentialité avec un mineur et quelles sont ses limites en cas de danger, puis expliquez-le à votre ado avant la séance : c’est souvent ce qui lève le refus.

Faut-il que je vienne à la première séance avec lui ?

Souvent oui : la présence des parents au début du suivi aide à rééquilibrer la communication dans la famille, et le jeune ne se sent pas le seul à devoir changer. Mais tout dépend de la qualité du lien entre vous. Quand la tension est trop forte, il vaut parfois mieux le laisser venir seul.

Et s’il refuse vraiment tout ?

Commencez par vous. Une séance réservée aux parents permet de comprendre ce qui se joue et d’ajuster votre attitude, ce qui change souvent la dynamique à la maison. Une thérapie familiale peut aussi être plus facile à accepter pour un ado, car il n’est plus désigné comme le seul problème.

Une séance en visio peut-elle convenir à un ado réticent ?

Pour certains ados, oui : parler depuis sa chambre, derrière un écran, est moins intimidant qu’entrer dans un cabinet. Constance de Lussac propose les séances adolescent au cabinet de Rueil-Malmaison ou en visio via WhatsApp, à 85 € la séance d’une heure.

À lire sur le blog

Pour mieux comprendre ce que traverse votre ado

Sources

Votre ado a dit oui pour une séance ? Ou vous voulez commencer par vous ?

Une première heure au cabinet de Rueil-Malmaison ou en visio pour poser la situation, avec lui, sans lui ou avec toute la famille.

Séance d’1 h à 85 €, sans engagement pour la suite, annulation gratuite jusqu’à 48 h avant

Prendre rendez-vous en ligne